Fiche d'identité
- Statut de protection : espèce protégée en France.
- Statut de menace : espèce vulnérable (liste rouge des reptiles de France métropolitaine, évaluation 2015).
- Description : le Lézard ocellé est le plus grand lézard de France métropolitaine. La longueur du corps, du bout du museau au cloaque, peut atteindre 21 cm chez les femelles et jusqu'à 24 cm chez les mâles pour une longueur totale de 59 à 75 cm. Impressionnant par sa taille, il l’est aussi par son aspect de saurien, relique d’un autre âge. La beauté de ce reptile est également remarquable : le corps est recouvert d’écailles vert pâle, marbré de noir, les flancs ornés d’ocelles bleus qui interdisent toute confusion avec une autre espèce. Quant au jeune, là aussi impossible de se tromper : le corps brun-vert est entièrement recouvert de petits ocelles blanchâtres. Chez les adultes, le dimorphisme est particulièrement accentué. Les mâles possèdent une tête large et massive, des pores fémoraux développés et la base de la queue est renflée. Les femelles présentent une tête plus petite et moins large. Le Lézard ocellé est relativement farouche, ce qui complique sa détection. Il passe souvent inaperçu, particulièrement sur les sites où les populations sont en faibles densités. A la vue d’un intrus, la première réaction des individus est de fuir vers leur gîte principal ou vers un abri temporaire leur permettant de se dissimuler. Il peut arriver que les individus surpris, n’ayant plus de possibilité de retraite, choisissent de faire face, tête dressée et bouche ouverte.
- Longévité : jusqu'à 10 ans à l'état sauvage.
- Reproduction : le lézard ocellé est ovipare. Les accouplements ont lieu de fin avril à début juin selon les régions. Durant l’accouplement, le mâle maintient la femelle par les flancs. Les cicatrices résultantes indiquent qu’une femelle s’est déjà accouplée. L’unique ponte est déposée environ 3 semaines après l’accouplement de fin mai à fin juin, voire début juillet selon les régions. Les œufs sont déposés dans une petite cavité de 7 à 9 cm de profondeur creusée par la femelle.
- Habitat : le plus grand lézard d’Europe est rare en montagne, c’est plutôt un Méditerranéen. Il est présent dans le sud des Alpes, la bordure sud-est du Massif central, et jusqu’à 1 500 m d’altitude dans les Pyrénées orientales. Le Lézard ocellé occupe la plupart des milieux secs de type méditerranéen en dehors des forêts denses et des zones de grandes cultures dépourvues d’abris. On le rencontre également en limite nord de répartition dans des milieux secs et ouverts comme les pelouses sèches calcicoles et les dunes grises fixées.
- Régime alimentaire : le Lézard ocellé est principalement insectivore et consomme en priorité des coléoptères qui représentent plus de la moitié de ses proies, mais aussi des hyménoptères (abeilles, etc.), des orthoptères (criquets, sauterelles, etc.) ou encore des arachnides et des gastéropodes (limaces, escargots, etc.).
Présence dans les parcs nationaux : Calanques, Cévennes, Ecrins, Mercantour, Port-Cros
A regarder : les explications du Muséum national d'Histoire naturelle
Le lézard ocellé
A la recherche du lézard ocellé dans les Cévennes
"Le mois de juin est la période idéale pour observer ce lézard très discret, d'origine méridionale : pour le trouver, les agents du Parc national sélectionnent des milieux favorables très secs, chauds et riches en caches comme les murets en pierre sèche, et les parcourent lentement en observant les moindres recoins à l'aide d'une paire de jumelles."
Où en est le lézard ocellé dans les Écrins ?
« C’est une espèce peu courante chez nous, confirme Yoann Bunz, chargé de mission faune vertébrée au Parc national. En plus du fait qu’elle soit protégée, c’est très intéressant de suivre cette population un peu à la limite de son aire de répartition, pour voir si elle se maintient, si elle se développe, surtout dans le contexte de réchauffement climatique. »
Observation du lézard ocellé dans le Mercantour
"La présence du lézard ocellé dans les Alpes du Sud est longtemps restée méconnue. Mais depuis quelques années, les connaissances de la répartition de cette espèce dans les vallées du Parc national du Mercantour s’améliorent peu à peu."